• fr FR
    • en EN
    • fr FR

Laboratoire Ville Mobilité Transport

  • Le laboratoire
    • Présentation
    • Charte Environnementale
    • Axes de recherche
      • Axe 1 « Pratiques et représentations »
      • Axe 2 « Stratégies d’acteurs et action publique »
      • Axe 3 « Aménagement urbain et territoires »
    • Recrutement
    • Organigramme
  • Membres
    • Equipe de direction
    • Pôle gestion
    • Chercheur·euses et enseignant·e·s chercheur·euses
    • Doctorant·es
    • Membres associés
    • Autres personnels scientifiques
  • Recherche
    • Doctorat
      • La thèse au LVMT
      • Thèses en cours
      • Thèses soutenues
    • Projets
      • En cours
      • Terminés
    • Chaires
      • En cours
      • Terminées
    • Publications
    • Mots du LVMT
  • Contact

📣 Soutenance de thèse: Ikrame LAADSSI

Nous avons le plaisir de vous annoncer la soutenance de thèse d’Ikrame Laadssi en urbanisme et aménagement, intitulée : « La construction genrée du sentiment d’insécurité dans les transports collectifs du Grand Rabat : Recherches sur l’urbanisme et les pratiques de transport quotidien ».
x
Cette thèse a été réalisée au sein du Laboratoire Ville Mobilité Transport (LVMT), Unité commune Ecole des Ponts ParisTech-IP Paris et Université Gustave Eiffel, en cotutelle avec l’Institut National d’Aménagement et d’Urbanisme (Maroc).
x
Cette thèse a été préparée sous la direction de Nacima BARON, professeure à l’Université Gustave Eiffel et en co-direction avec Mohamed HANZAZ, professeur à l’Institut National d’Aménagement et d’Urbanisme.
x
La soutenance aura lieu le 29 mai 2026 à partir de 14h30 :  Université Gustave Eiffel – Bâtiment Bienvenüe 14 – 20 bd Newton 77420 Champs sur Marne, en salle B021-B023.
x
Le jury est composé de : 
M. Abdellah MOUSSALIH, Professeur, Ecole Nationale d’Architecture de Tétouan, Rapporteur
Mme Anna MADOEUF, Professeure, Université de Tours, Rapportrice
M. Luc GWIAZDZINSKI, Professeur, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Toulouse, Examinateur
Mme Kawtar NAJIB, Professeure, Université de Liverpool, Examinatrice
M. Mohamed HANZAZ, Professeur, Institut National d’aménagement et d’urbanisme, Directeur de thèse
Mme Nacima BARON, Professeure, Université Gustave Eiffel, Directrice de thèse 
x
x
Résumé de la thèse :
Cette thèse s’inscrit dans le champ de l’urbanisme et de la planification urbaine. On mobilise l’étude des transports collectifs en les considérant comme des objets urbains à part entière, révélateurs des rapports sociaux, des logiques d’aménagement et des politiques publiques qui structurent la ville contemporaine. Dans ce contexte, la thèse étudie la construction genrée du sentiment d’insécurité dans les transports collectifs du Grand Rabat et associe l’étude des formes de l’urbanisme, la planification des mobilités et les dispositifs institutionnels qui contribuent à façonner les expériences quotidiennes de déplacement.
On part du constat que les transports collectifs ne constituent pas uniquement des infrastructures techniques destinées à assurer la mobilité, mais qu’ils fonctionnent comme des espaces publics urbains, traversés par des rapports de pouvoir, des normes sociales et des inégalités de genre. Le sentiment d’insécurité, en particulier chez les femmes, résulte d’une combinaison de facteurs urbains et sociaux : configuration des espaces, qualité de l’éclairage, lisibilité des lieux, continuités et discontinuités spatiales, organisation des flux, intermodalité, gestion des temps de déplacement, expérience vécue et mémoire des événements passés.
La recherche mobilise une démarche méthodologique qualitative et pluridisciplinaire, articulant plusieurs méthodes issues de l’urbanisme, de la géographie sociale et des études de genre. Le dispositif d’enquête repose d’abord sur des entretiens approfondis avec des usagères et des usagers des transports collectifs, complétés par des parcours commentés et des traversées nocturnes réalisées sur différents modes de transport formels et informels (bus, tramway, grand taxi, transport informel et VTC). Ces méthodes permettent de saisir les perceptions sensibles de l’espace urbain, les pratiques de mobilité et les stratégies d’adaptation ou d’évitement face au sentiment d’insécurité. Un forum participatif a également été organisé afin de confronter les expériences des usagers, de faire émerger des savoirs situés et de favoriser une lecture collective des enjeux de sécurité dans les espaces de transport. Par ailleurs, l’analyse s’appuie sur un corpus cinématographique mobilisé comme matériau de recherche, permettant d’interroger les représentations sociales de la mobilité, de l’espace public et de l’insécurité. En outre, la thèse intègre également des outils issus de la prévention situationnelle et de l’analyse environnementale des risques, afin d’évaluer le rôle des caractéristiques physiques et fonctionnelles des espaces de transport (visibilité, éclairage, signalétique, contrôle informel, entretien, ambiances) dans la production du sentiment d’insécurité. Cette approche permet de croiser les expériences vécues avec une lecture fine des dispositifs d’aménagement et des choix de planification urbaine.
Le terrain du Grand Rabat constitue un observatoire privilégié pour analyser ces dynamiques, dans un contexte marqué par les dualismes qui caractérisent les processus contemporains de production de la ville. D’un côté, les dynamiques de modernisation urbaine et de développement des infrastructures de transport donnent lieu à des espaces fortement aménagés, visibles et institutionnellement valorisés (gares, pôles d’échanges, axes structurants) ; de l’autre, persistent des espaces périphériques, interstitiels ou de transition, moins investis par la planification urbaine et marqués par des formes d’incomplétude fonctionnelle et spatiale. Ce dualisme se reflète directement dans les expériences de mobilité et dans la construction du sentiment d’insécurité, lequel apparaît comme un phénomène à la fois socialement et spatialement construit, profondément inscrit dans une expérience genrée de la ville.
Les résultats montrent que les femmes composent quotidiennement avec ces dimensions duales de l’urbanité et des infrastructures de mobilité en développant des pratiques de déplacement spécifiques fondées sur des arbitrages constants entre accessibilité, sécurité, coût et temps de trajet. Ces pratiques révèlent les effets d’une planification des transports encore largement techniciste et supposée neutre, qui tend à privilégier les infrastructures et les flux au détriment des continuités urbaines, des usages réels et des vulnérabilités différenciées. Ainsi, le sentiment d’insécurité ne relève pas uniquement des comportements individuels, mais constitue un révélateur des inégalités produites par les choix d’aménagement urbains et infrastructurels.
En mobilisant une lecture urbanistique et critique, cette thèse interroge la capacité des politiques de mobilité et des projets d’aménagement à répondre aux enjeux de sécurité du quotidien. Elle met en lumière la nécessité d’intégrer la dimension du genre et du sentiment d’insécurité dans la planification urbaine, non comme un enjeu marginal, mais comme un indicateur de la qualité des espaces publics et de l’efficacité des systèmes de transport. Enfin, elle propose un cadre interprétatif permettant de penser la sécurité dans les transports collectifs comme une composante de la fabrique urbaine, invitant à une approche plus inclusive, sensible et située de l’urbanisme et de la planification des mobilités au Maroc.

Mentions légales | Gestion des cookies

LVMT © 2026 · Se connecter