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Soutenance d’HDR d’Alain l’Hostis   


"Le détour, la pause et l’optimalité, Essai sur la distance et ses apports au transport et à l’urbanisme"


Alain L’Hostis


Date de soutenance : 01 décembre 2014


Composition du jury :


Pr. Nacima Baron-Yellès Université Paris-Est Marne-la-Vallée

Pr. Anne Bretagnolle Université de Paris 1

Pr. Laurent Chapelon Université de Montpellier 3

Pr. Jean Laterrasse Université Paris-Est Marne-la-Vallée

Pr. Jacques Lévy École Polytechnique Fédérale de Lausanne

Pr. Philippe Mathis Université de Tours

Pr. Paola Pucci Polytechnique de Milan

Pr. Waldo Tobler Université de Californie à Santa Barbara


Résumé


La distance est un élément central pour la compréhension et pour l’action sur la ville et les territoires dans leurs liens avec les transports. Pourtant la distance n’a pas été considérée dans toutes ses potentialités dans les disciplines qui abordent la spatialité, c’est-à-dire la géographie, l’économie, la psychologie et la sociologie, et qui constituent les principaux gisements de savoirs académiques mobilisés par les spécialistes de l’urbanisme, de l’aménagement et des transports.

L’investigation menée dans ce mémoire montre que l’interprétation géographique des propriétés mathématiques des distances, et en particulier la propriété de l’inégalité triangulaire, révèle des éléments clés qui permettent de construire un cadre d’analyse théorique aux implications directes pour l’action sur les transports et sur les arrangements territoriaux et urbains.

Ainsi, et contrairement à des analyses répandues dans la littérature scientifique en partie reliées à la prégnance du paradigme euclidien de la ligne droite, il est possible d’affirmer que les distances sont toujours optimales, que le détour est une contribution à cette optimalité, et que la pause dans le mouvement participe à l’établissement de l’optimalité de la distance. La ligne droite euclidienne est profondément enracinée dans les représentations des acteurs, qu’ils soient chercheurs, décideurs ou utilisateurs des espaces urbains. La ligne droite est une référence pour tout mouvement ; mais le détour est tellement universel, allant jusqu’à la forme extrême de l’inversion spatiale, la pause est tellement fréquente, que l’un et l’autre doivent pouvoir être traités de manière positive dans l’aménagement. À partir de cette investigation nous proposons un cadre d’analyse reposant sur deux distances définies par les distances de la densité et les distances du transport, déclinées selon leur forme, soit euclidienne soit distance-réseau. Ce cadre de réflexion permet de revisiter un ensemble d’approches, de modèles et de solutions concrètes touchant la ville, les territoires et les transports : la conception des aménagements de la marche à pied urbaine et des espaces publics, l’organisation des gares ferroviaires et des liens avec leurs quartiers, le traitement des sous-optimalités véhiculées par les plans de réseaux de transport en commun, le fait de considérer des équipements extérieurs comme contributeurs de l’ouverture d’un territoire, sont autant d’illustrations de situations où le cadre de réflexion posé par la distance peut aider à guider l’action.

Déclinant et alimentant cette réflexion sur la distance, mon activité de recherche est ensuite exposée selon trois axes de recherche. En premier lieu les distances de l’espace ratatiné représentent une réflexion menée depuis la thèse de doctorat sur la déformation de l’espace-temps par les modes de transport rapides. Un second axe porte sur les distances entre les villes et vise à relier les performances des systèmes de transport avec les stratégies urbaines et territoriales, par le développement d’indicateurs basés sur les concepts de l’accessibilité et du potentiel de contact. Le troisième axe traite des distances dans la ville avec une focale sur l’urbanisme des transports collectifs, en tant que déclinaison du concept du Transit Oriented Development (TOD).

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