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Soutenance d’Habilitation à Diriger des Recherches    


Par Vincent Aguiléra


Titre : Technologies de l’information et systèmes de transport


Date de soutenance : 24 novembre 2014 à 10h



Composition du jury :


- Christine BUISSON, rapportrice, Directrice de recherche IFSTTAR, équipe AMMET, ENTPE/LICIT.


- Michel BIERLAIRE, rapporteur, Directeur du laboratoire transport et mobilité, École Polytechnique Fédérale de Lausanne.


- Alexandre M. BAYEN, rapporteur, Director, Institute for Transportation Studies, University of California, Berkeley.


- Fabien LEURENT, examinateur, Directeur adjoint du Laboratoire Ville Mobilité Transport, Professeur à l’École des Ponts ParisTech.


- Jean-Marc BLOSSEVILLE, examinateur, Directeur délégué, IFSTTAR/Versailles Satory.


- Jean LATERRASSE, directeur d’HDR, Professeur émérite, Université Paris-Est.



Résumé :

La présentation portera sur trois thèmes, détaillés ci-dessous : conception et évaluation de systèmes d’assistance à la conduite ; affectation dynamique de trafic ; exploitation des traces numériques de déplacements.


Conception et évaluation de systèmes d’assistance à la conduite. Les TIC permettent le développement de nombreux systèmes d’assistances à la conduite. La plupart des systèmes existant aujourd’hui, depuis l’ABS jusqu’aux dispositifs d’aide au stationnement ou d’automatisation basse vitesse, sont des systèmes autonomes embarqués. Des systèmes dits coopératifs, qui supposent un échange d’informations entre véhicule et infrastructure, ou entre véhicules, sont en émergence. J’exposerai mes travaux menés entre 2002 et 2005 au sein du LIVIC (Laboratoire sur les Interactions Véhicules Infrastructure Conducteurs) sur l’évaluation a priori de systèmes coopératifs et sur la conception d’assistances à la conduite, en détaillant les principes de conception d’un système d’alerte de vitesse excessive en approche de virage utilisant une base de données routières.


Affectation dynamique de trafic. L’exploitation des réseaux routiers fait aujourd’hui appel à des outils dynamiques comme par exemple la régulation d’accès, l’allocation dynamique de voie, ou encore la modulation horaire de péages. L’offre de transport varie donc dans le temps. C’est également le cas de la demande. Les usagers sont susceptibles d’adapter leurs choix d’itinéraires et d’horaire de départ en fonction de leurs préférences personnelles et des conditions de trafic. En permettant l’étude à l’équilibre des variations temporelles de l’offre et de la demande, l’affectation dynamique de trafic est un instrument fondamental d’aide à la conception et à l’évaluation de stratégies dynamiques d’exploitation. Je présenterai mes travaux au LVMT (Laboratoire Ville Mobilité Transport) entre 2006 et 2011 : conception d’un code de calcul distribué permettant l’étude de grands réseaux ; modélisation conjointe choix d’itinéraire/choix d’horaire de départ pour l’étude de scenarios de modulation tarifaire, avec une application à la gestion du couloir rhodanien en partenariat avec le groupe Vinci ; coût marginal social de congestion dans le cas dynamique ; modélisation dynamique des émissions de polluants, avec une application au réseau routier francilien.


Exploitation des traces numériques de déplacements. L’usage au quotidien des TIC au cours des déplacements de personnes engendre des quantités importantes de données à la fois identi-fiées, datées et localisées. C’est le cas par exemple des systèmes de billettique dans les transports en commun, des données de péages autoroutiers, ou encore des données de localisation nécessaires au fonctionnement des réseaux de téléphonie cellulaire. L’exploitation de ces traces numériques de déplacements o-ffre des potentialités extrêmement intéressantes pour l’étude du fonctionnement des réseaux de transport et des territoires. Nous verrons en particulier comment, entre 2010 et 2013 et en partenariat avec Orange Labs et le STIF, nous avons pu par exemple mesurer très finement la demande et la qualité de service du tronçon central du RER A.




Alain L’Hostis


Date de soutenance : 01 décembre 2014


Composition du jury :


Pr. Nacima Baron-Yellès Université Paris-Est Marne-la-Vallée

Pr. Anne Bretagnolle Université de Paris 1

Pr. Laurent Chapelon Université de Montpellier 3

Pr. Jean Laterrasse Université Paris-Est Marne-la-Vallée

Pr. Jacques Lévy École Polytechnique Fédérale de Lausanne

Pr. Philippe Mathis Université de Tours

Pr. Paola Pucci Polytechnique de Milan

Pr. Waldo Tobler Université de Californie à Santa Barbara


Résumé


La distance est un élément central pour la compréhension et pour l’action sur la ville et les territoires dans leurs liens avec les transports. Pourtant la distance n’a pas été considérée dans toutes ses potentialités dans les disciplines qui abordent la spatialité, c’est-à-dire la géographie, l’économie, la psychologie et la sociologie, et qui constituent les principaux gisements de savoirs académiques mobilisés par les spécialistes de l’urbanisme, de l’aménagement et des transports.

L’investigation menée dans ce mémoire montre que l’interprétation géographique des propriétés mathématiques des distances, et en particulier la propriété de l’inégalité triangulaire, révèle des éléments clés qui permettent de construire un cadre d’analyse théorique aux implications directes pour l’action sur les transports et sur les arrangements territoriaux et urbains.

Ainsi, et contrairement à des analyses répandues dans la littérature scientifique en partie reliées à la prégnance du paradigme euclidien de la ligne droite, il est possible d’affirmer que les distances sont toujours optimales, que le détour est une contribution à cette optimalité, et que la pause dans le mouvement participe à l’établissement de l’optimalité de la distance. La ligne droite euclidienne est profondément enracinée dans les représentations des acteurs, qu’ils soient chercheurs, décideurs ou utilisateurs des espaces urbains. La ligne droite est une référence pour tout mouvement ; mais le détour est tellement universel, allant jusqu’à la forme extrême de l’inversion spatiale, la pause est tellement fréquente, que l’un et l’autre doivent pouvoir être traités de manière positive dans l’aménagement. À partir de cette investigation nous proposons un cadre d’analyse reposant sur deux distances définies par les distances de la densité et les distances du transport, déclinées selon leur forme, soit euclidienne soit distance-réseau. Ce cadre de réflexion permet de revisiter un ensemble d’approches, de modèles et de solutions concrètes touchant la ville, les territoires et les transports : la conception des aménagements de la marche à pied urbaine et des espaces publics, l’organisation des gares ferroviaires et des liens avec leurs quartiers, le traitement des sous-optimalités véhiculées par les plans de réseaux de transport en commun, le fait de considérer des équipements extérieurs comme contributeurs de l’ouverture d’un territoire, sont autant d’illustrations de situations où le cadre de réflexion posé par la distance peut aider à guider l’action.

Déclinant et alimentant cette réflexion sur la distance, mon activité de recherche est ensuite exposée selon trois axes de recherche. En premier lieu les distances de l’espace ratatiné représentent une réflexion menée depuis la thèse de doctorat sur la déformation de l’espace-temps par les modes de transport rapides. Un second axe porte sur les distances entre les villes et vise à relier les performances des systèmes de transport avec les stratégies urbaines et territoriales, par le développement d’indicateurs basés sur les concepts de l’accessibilité et du potentiel de contact. Le troisième axe traite des distances dans la ville avec une focale sur l’urbanisme des transports collectifs, en tant que déclinaison du concept du Transit Oriented Development (TOD).