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PRADEL Benjamin

Rendez-vous en ville ! Urbanisme temporaire et urbanité événementielle : les nouveaux rythmes collectifs    

Directeurs de thèse : M.-H. MASSOT et F. GODARD

Résumé de la thèse L’enjeu de la thèse est d’analyser l’importance prise par l’idée d’action temporaire dans les logiques d’organisation socio-spatiale de la ville et d’en mesurer les conséquences sur la forme urbaine.


  • Rattachement Universitaire : Université Paris-Est
  • Début : oct 2005
  • Soutenance : fin novembre 2010
  • Financement : MENRT

L’enjeu de la thèse est d’analyser l’importance prise par l’idée d’action temporaire dans les logiques d’organisation socio-spatiale de la ville et d’en mesurer les conséquences sur la forme urbaine. Pour cela nous nous interessons aux rassemblements événementiels dans l’espace public qui sont par définition de nature éphémère. Leur multiplication et leur prise en main par le politique depuis 1990 révèlent l’importance croissante que revêt l’animation des espaces, l’image de l’urbanité et la maîtrise temporelle des usages dans l’évolution des villes. Au-delà de la dimension économique, la logique du rassemblement permet de s’opposer, du moins en principe, à certaines tendances liées au processus d’étalement urbain : atomisation perçue de la vie sociale, perte de vitesse des centralités historiques et désynchronisation des temps sociaux. Dès lors, faire advenir le rassemblement devient un mode d’intervention temporaire sur la ville compris à la fois comme une composante centrale de son évolution formelle et une entrée particulière pour analyser ce qu’est l’urbain aujourd’hui. Nous travaillerons les notions de rythme urbain et de centralité sociale pour dégager les grands traits constitutifs de cette « ville éphémère ».

L’édification de lieux-moments collectifs, conduite par les autorités urbaines, construit un savoir faire administratif et technique qui en s’institutionnalisant débouche sur un « urbanisme temporaire » modifiant périodiquement l’attractivité de morceaux du tissu urbain. S’il souligne l’importance de l’usage sur la fonction, du court sur le long terme, du temps sur l’espace et du symbole sur l’objet, il n’en participe pas moins à redéfinir l’organisation de la ville dans ses formes bâties. Parce qu’il sélectionne des espaces à enjeux politiques pour en augmenter l’usage, il participe à court terme de la configuration sociale de la centralité et à moyen terme de sa configuration urbanistique. Il participe donc à travailler l’attractivité des villes centres. Parce qu’il met en scène et en intrigue le cadre de vie quotidien, il change les modalités des interactions sociales dans les espaces publics et travaille leur appropriation par l’usage collectif. Il participe donc à travailler l’urbanité métropolitaine.

Cette analyse qui articule des composantes sociologiques et urbanistiques dans l’interprétation de la centralité urbaine et de ses rythmes d’apparition participe à une lecture dynamique des logiques métropolitaines. La centralité devenue sociale et se lit dans l’espace public, elle perd de son caractère pérenne, n’existe que durant le temps où elle est signifiée comme telle, ses disparitions/apparitions créent du rythme dans l’occupation de la ville. Cependant, elle ne peut exister que grâce à certaines aménités urbaines difficilement transposables.